mar 29, 2009

(avril-juin 2009)

textes issus du rendez-vous mensuel

A PARTIR DE 4 PHOTOS


terre1.jpg



Scan10012.JPGTERRE4.jpgTERRE2.jpgLes amis d’Atlas

Atlas se produit tous les jours dans la cour de la gare, sous la pub pour le TER.

Au début, on voulait le chasser. Puis, les vigiles ont fait amis avec lui et le chef de gare a reçu comme consigne de favoriser le spectacle vivant dans ses murs. Alors, il a dit qu’Atlas pouvait rester. Il lui a fait cadeau de cette boule de granit, témoin de l’époque où les diligences franchissaient à grand fracas le portique marqué par deux colonnes surmontées de sphères pour déverser à l’entrée des quais leurs cargaisons de globe-trotters. Alors, tous les potes d’Atlas sont venus le regarder porter la terre dans la cour de la gare. Au début, les voyageurs voulaient lui donner des pièces, mais lui disait qu’il ne fait pas cela pour l’argent. Il veut montrer.

Montrer quoi, lui demandent ses potes, qui le trouvent un peu fêlé. Quelle idée de s’user les épaules sous une tonne de pierre ronde. Tombera ?  Tombera pas ? Les paris sont ouverts chez les gars de son pays, les gars bruns qui viennent se détendre dans la cour de la gare, au sortir du chantier. Et puis, il y a les autres.

Prends plutôt mon ballon, dit Pierrot, regarde, il a des points comme une coccinelle. Il va s’envoler. Pierrot  espère nerveusement l’envol du ballon et rit, de toute sa dentition de lait bien rangée.

Prends plutôt mon cerceau, dit Fatou. Regarde, il roule et tourne, tourne autour du soleil, le soleil du soir qui le dédouble sur le sol. Mon cerceau fait Philippine. C’est le début du drapeau olympique.

Prends plutôt mon galet, fait Mémé Aggripine, en shootant avec détermination, cabas au vent, dans le petit caillou rond. Comment ? Une limite d’âge pour shooter ? Qui a dit ça ? Zinedine qui ? Tous des insolents ! Pose ça, Atlas, tu vas te faire mal.

Mais Atlas veut porter la terre. Il veut montrer : que la Terre est à tout le monde, à lui aussi, et qu’il peut la porter, même si elle est lourde.

Tous les jours, dans la cour de la gare, Atlas porte la Terre.

Eve-Marie E, juin 2009



Promenade dans St Nazaire.

C’est un fou, il habite St Nazaire et a volé l’une des boules-fontaines du centre ville. Maintenant il s’amuse, et il se prend pour Atlas, et la foule l’admire, quelle force ! Quelle habilité ! Plus loin dans une cour d’immeuble un enfant joue au ballon, est-ce un ballon ou une grosse coccinelle ? je n’aime pas cet enfant, je n’aime pas sa grimace, il est triste, c’est l’hiver, cette cour est triste, je n’aime pas cette image, je préfère cet autre enfant et son cerceau, là dans le jardin voisin, un enfant et un cerceau, c’est habituellement une image ancienne, avec de jeunes garçons endimanchés en costume marin, des petites filles enchapotées, mais surprise ici c’est un enfant africain, au soleil, libre dans ses habits colorés, contraste, lumière. Continuant ma promenade j’entre dans le Jardin des Plantes et là Mémé fait sa gymnastique, personne ne la regarde, alors une, deux et que je lève une jambe, puis une autre, ah ! Ça fait du bien ! Je me cache, peut-être va-t-elle courir ? Hélas un groupe de lycéens arrive, Mémé reprend un air digne, et serre son cabas contre elle. Quelle étrange ville que St Nazaire.

Brigitte. H, juin 2009


 

Grand-mère se mit alors à donner un énorme coup de pied dans la balle et dit ; «  Allez ouste ! Je veux quitter la terre, avec pour seul bagage, le souvenir de lui … »

Je me sentais un peu gênée … tous les regards étaient braqués sur nous ! A-t-on idée d’ avoir une grand-mère qui joue au football en plein parc du Luxembourg ?

Non, j’étais triste. Surtout triste. J’avais posé tant de fois la question à grand-mère lorsque j’étais enfant : « Dis, ils font quoi tous ces gens qui courent, sur la terre ? Ou après la terre ?

Ils courent disait-elle, ils courent et ils ne voient pas la terre sur laquelle ils avancent les yeux fermés, d’un pas rapide et cadencé ! »

Parfois, elle me racontait la montagne, le lait des vaches et les oiseaux, lorsqu’elle était enfant. De sa terre, elle avait gardé l’accent de son patois. Le rythme de ses mots résonne encore à mon oreille…

Et puis voilà qu’aujourd’hui, elle ne l’aimait plus cette terre, elle voulait partir, la quitter, me quitter.

Je la regardais alors et je compris à son sourire qu’il était temps …

Elle voulait passer le relais.

Mon ventre était aussi rond que le ballon qu’elle venait de percuter. J’avais été plus féconde que la terre … j’allais devenir une maman, puis une grand-maman, et la terre tournerait ainsi encore longtemps, tournerait … tournerait …

Mia. L, juin 2009

 


Pendant que nous écrivions, la foule s'est dispersée, 300 personnes sont montées dans les trains, 4700 enfants ont chanté, 357 arbres sont tombés, 3 savants sont morts, 7 serpents ont sifflé, 900 meurtriers ont rejoint le macadam, 8000 maisons ont été inondées, 12 fêtes foraines ont fermé leurs leurs portes, un berger a disparu, neuf lacs ont débordé, 8953 questions ont été posées au savant juste avant qu'ils meurent, un milliard d'insectes ont piqué 10 millions de travailleurs, 7359 avions ont décollé, une dune s'est éfffondrée, une nappe de pique nique rouge s'est envolée, a été déchiquetée en trois morceaux par deux oiseaux et ont fini dans deux lopins de terre, trois tonnes de raisin ont été cueilli, 200 feux d'artifices ont été tiré, des milliers de souvenirs sont revenus à la mémoire de millions de personnes, la pollution a dévasté 123 forêts ... et nous, nous avons oublié d'écrire sur du papier recyclé !

Mia. L, juin 2009

 

 

Pendant que nous écrivions, 50 sirènes ont enchanté 500 marins, 10 voiliers ont été attaqués par 200 pirates, 3 îles sont apparues sur l’océan, 100000 noix de coco sont tombées de 3000 palmiers, 2 araignées ont effrayé 2 femmes,, 50000 orchidées se sont épanouies sur  10000 lianes, 1 tribu d’indiens a disparu de la terre, 10 satellites ont été lancés, une soucoupe volante s’est approchée de la terre et est repartie, affolée par 1 million de parasols colorés qui se sont ouverts sur 12000 plages,  5 caravanes avec 100 chameaux chacune ont traversé le désert de Gobi, 30 montagnes blanches sont devenues roses sous le coucher de soleil, 3 millions de bébés ont pris leur première tétée,  3000 télescopes ont observé le ciel, aucun n’a vu la soucoupe volante,

Sur les glaces de l’Antarctique 3 pingouins ont leurs 3 pingouines chéries, 100 bouteilles de pastis ont été ouvertes pour l’apéritif, 1 étoile s’est éteinte, 1 soleil s’est crée, et nous nous buvons du vin blanc dans un jardin vert et mystérieux.

Brigitte. H, juin 2009


 



un cadavre exquis

 

Quand Astariux aura percuté la planète des peuplades en amont, les mers du Sud seront gelées.

Quand Caen aura atteint 200000 habitants, l’avion partira sans moi.

Quand quand quand mais toujours un jour quand ce sera quand, je partirai seule.

Quand une logique s’inscrira dans sa tête, j’achèterai de l’ail et du persil.

Quand les religions disparaitront, j’aurai peut-être enfin le bonheur de t’effleurer.

Quand je serai chaos, les hommes de demain s’interrogeront enfin.

Quand la mer se retirera très loin, les pistons finiront par lâcher et le cœur filera au sol en vrille.

Quand les poules auront des dents, j’irai boire du lait de panthère les jambes en l’air.

Quand l’été finira, nous serons conscients de la fragilité du monde.

Quand les poules auront des dents, les éléphants pondront des œufs.

Quand j’irai dormir rêver mais surtout dormir, je remettrai le pendule à l’heure et te fondrai dessus.

Quand je ne serai plus capable d’écrire, tu rangeras ton maillot de bain.

 

Brigitte. H, Isa. A, Samuel. B, Soizic. L, Corinne. LL, avril 2009

 



AVEC UN TRIPTYQUE DE CARTES-IMAGES


DSCN3122.JPGDes p’tits pois, des p’tits pois, encore des p’tits pois,

Des p’tits poissons rouges

Des p’tits pois tout blancs

Des p’tits pois, des p’tits pois, toujours des p’tits pois

Mais aussi

La préhistoire de l’informatique : la mécanographie,

Et les cartes perforées de p’tits trous, de p’tits trous, toujours de p’tits trous,

Mais non, mais non

Des poissons verts, jaunes, bruns, violets

Accrochés au bout d’une ficelle, sur le dos des passants

Qui courent en riant dans la rue, ce jour de 1er avril,

Une journée vivante, gaie, colorée, comme la vitrine de la mercerie

Devant laquelle je passais,

En rentrant de l’école,

Bobines de fil multicolores, aiguilles, boutons,

Boutons de toutes tailles, à 2 trous, à 4 trous,

Encore des p’tits trous

Brigitte. H



DSCN3118.JPGUn vert cauchemar, formé d’une croûte tellurique et sèche, spongieuse à la surface. Une écorce vivante qui s’accroche aux nerfs du subconscient. Dans ces rêves ou plutôt mes cauchemars, cette apparition verdâtre est l’instant où je tente de m’arracher à mon désir. Je veux me réveiller. Ma vive volonté m’extirpe de ces songes trompeurs et me retourne à ma conscience. Mais ce réveil se joue parfois de ma conscience et se leurre en un passage vers d’autres chimères, éveillées celles-ci puisque je parviens à m’extirper de cet antépénultième rêve. Le doute, l’angoisse, la folie, les sueurs froides. Le temps a perdu ses repères et il en a conscience. Il s’auto-mange, anthropophage de lui-même, il est son propre meurtrier obsessionnel et sa victime transit. Il est mon ennemi. Il sort en offensive ses aiguilles molles, les tend menaçantes à un cil de mes pupilles dilatées sous leurs paupières. Le combat commence. Une conscience, une peur terrible, une envie frénétique de fuir, de sortir mais aucun ennemi en vue à combattre. L’ultime opération, le cliquetis de toute cette machination machiavélique annonce l’élan salvateur de l’autohypnose. L’esprit reprend le contrôle de son habitacle, lui parle, le drape de son système métrique qu’il connait. Le décompte peut commencer : 1, 2 et à 3 mon réveil prochain…

 



DSCN3117.JPGL’inconnu, d’ailleurs, d’autre part,

le voyage du personnage perplexe, il s’inscrit dans la spirale,

en une multitude de sillons nacrés,

rien ne le devine, seulement,

la naïveté de son regard immobile,

les couleurs de son masque tribal,

cache sa peur, la transforme en rêve,

en force d’animal sauvage

Isa. A, mars 2009


 

LA PAROLE AUX OBJETS


Dialogue tableau dans un musée /poste de télévision

- Toute la journée j’entends la même chose.

- Mais elle est toute petite !

- On ne peut pas s’approcher plus ?

- C’est çà !

- Tu appelles ça sourire toi ? Je suis observée depuis des siècles, mais plus jamais avec amour, sauf quand on me nettoie, avec tant de précaution et toi ?

- Oh moi ma chère, je suis regardée avec amour, mais rarement nettoyée, là tu vois je me repose, ils sont tous partis, travailler je crois, mais ce soir je vais chauffer. Tu sais que le monde entier peut être vu à travers moi, toi par exemple dans ta petite toile tu as dû être exposée sur mon écran, je ne m’en souviens plus, j’en ai vu tant et des plus connus que toi.

-Tuut tuut tuut halte là ! Seras-tu toujours là dans quelques siècles, quand tu auras des difficultés à fonctionner crois-tu que l’on te réparera, nettoiera avec amour ?

- Tu as raison je vais finir sur le trottoir avec les encombrants, mais je serai remplacée, toi c’est vrai tu es irremplaçable, mais l’éternité à sourire bof !

Brigitte. H, mars 2009



« Moi petit pull rouge, je te colle à la peau, j’aime lorsque tu me portes juste après la douche, je sens tes seins, ton parfum m’enivre » dit le pull rouge.

« Je suis sous la pluie, je me refroidis, je me sens seule, bientôt les enfants vont arriver, je vais les entendre rire, les sentir, me sauter dessus, jouer avec mon arbre unique, mes grains de beauté, ils sont heureux de se retrouver, sans moi nul ne se défoulerait, et moi je resterai seule à pleurer et j’aurai froid tout comme sous la pluie qui m’inonde » dit la cour de récréation.

Isa. A, mars 2009


 

« "Je suis posé là, dans l’attente d’être pris en main et confortablement reposé dans ce corps chaud et humide. Je suis certes artificiel, fabriqué de mains d’hommes, élaboré, conçu. Je ne suis pas inné, né du mystère de la vie mais je suis cet artifice qui explose en ton sein et remet en branle les battements d’une vie. Je ne suis pas né, je donne à renaître, à respirer, à vivre » dit le poumon artificiel.

« "Moi je dirige, je fonce, j’aime sentir le nez dans le guidon. Mais pourquoi m’appelle-t-on guidon ? Drôle, non ? Ce n’est assurément pas moi qui guide mais le sens de l’équilibre du cycliste, ses yeux, sa volonté. A défaut de guider, je dispose de manettes de freins, avant et arrière. Souvent, on m’accommode d’une sonnette pour alerter d’un danger d’impact  imminent. Je sers aussi d’appui aux deux bras du cycliste. Non je ne suis pas un guide mais la partie la plus futile du vélo, celle dont on peut aisément se débarrasser. Tout jeune cycliste que nous avons été, n’avons-nous pas un jour rêver de piloter son vélo aux yeux de tout le monde, assis sur la selle droit comme i, sans me toucher ? Comment a-t-on pu imaginer m’affubler d’un terme aussi incongru ? » dit le guidon de vélo.

Samuel. B, mars 2009

 


« Tu peux toujours me prendre ! Ton pouce contre mon cœur, tes phalanges dans mes phalanges, paume contre paume, ongles dans les ongles, nos peaux à côté de nos espoirs…Lâche-moi… » dit la main dans une autre main.

« Ceci n’est pas une image de moi. Cela ne peut. Il y a souvent des erreurs la nuit. Prise par erreur. Il s’est trompé. Il ne m’a pas entendu, pas attendu. J’étais pas prête, ce n’est pas moi. Ce n’est pas vrai. C’est une autre. Regarde-bien » dit la photo sur une table de nuit.

Corinne. LL, mars 2009

 


« Je n'ai pas de chance. Je suis blanche, et par rapport à mes sœurs de couleur, on m'utilise et me martyrise davantage. Quand je suis en début de vie, ça va encore, mais plus je vieillis, plus je me ratatine. Et puis, sans attendre davantage, on me jette sans ménagement.
Place aux jeunes, c'est ça ! » dit la craie près d’un tableau.

« Ca me gonfle d'être une éponge...J'aurai préféré être du liquide-vaisselle, car moi, je n'ai droit qu'aux miettes ! J'aimerai buller, me faire des soirées-mousse... Mais moi, ce que j'aime bien quand même, c'est pas quand on me presse, mais bien quand on m'étreint....ça en jette, non ? » dit l’éponge sur le rebord d'un évier.

Soizic. L, mars 2009

 


DEFINITIONS D'ANCIENNES EXPRESSIONS ARGOTIQUES


Les ouiquendards (les adeptes du week-end) : En camping-car ou en 4X4, ce sont les chauffeurs du dimanche (…et du samedi) qui ont la banane, sourient de toutes leurs dents, et emmerdent le reste du monde !


Avoir les fuxias (avoir peur) : Quand on est « diclestique », au lieu de dire « les  fuschias », on dit les « fuxias », comme on dirait « faire de la bosque », avoir la « carlastine », assister à un « pestacle » ou « bastulation libre ».

Soizic. L, mars 2009


Ne plus avoir d’Alpha sur les hauts plateaux  (être chauve): Par cette expression le citoyen Lambda évoque son anxiété et sa vision d’un monde politique plat, désert aux courants d’air violent et surtout, à défaut d’Alpha, d’être dirigé et pour certains digéré, par des Bêtas innombrables.

Samuel. B, mars 2009


Ne plus avoir d’Alpha sur les hauts plateaux  (être chauve): argot des légionnaires : l’Alpha était une plante aux longues feuilles fines, qui pousse sur les hauts plateaux algériens. Quand arrivés en permission, les légionnaires croisaient un chauve, aussitôt ils s’exclamaient : « Il n’a plus d’alpha sur les hauts plateaux »

Brigitte. H, mars 2009




A partir de l’incipit de « L’alchimiste » de Paolo Coelho


L’alchimiste prit en main un livre qu’avait apporté quelqu’un de la caravane… Il se dit que peut-être un troc serait la bienvenue mais un livre en échange de quoi. Un bouquet de fleurs des champs suffirait-il ? Des pétales contre des mots, des lignes contre des tiges, des feuilles contre des feuilles, des pages contre des fleurs qui fanent ?

Isa. A, mars 2009


L’alchimiste pris en main un livre qu’avait apporté quelqu’un de la caravane… L’alchimiste releva les yeux du livre et contempla le silence de voyageurs figés dans une appréhension commune, fixée à son encontre. Il leva l’index de la main gauche, le mouilla de sa langue, et dans un geste de paix, en connivence avec le livre tourna la première page. Il débuta sa lecture, sa voix était sereine, calme. Et bientôt en quelques lignes, il gagna l’adhésion de son auditoire. L’alchimiste s’effaça  progressivement derrière les mots.

Samuel. B, mars 2009


L’Alchimiste prit en main un livre qu'avait apporté quelqu'un de la caravane… Une caravane ? Plutôt un assemblage de tôles, de bois et de chiffons... Ce "quelqu'un"ouavait lire, bien sûr, mais ne pouvait pas utiliser le langage: il était muet...L'alchimiste et lui avaient juste échangé des livres, et des regards.
L'alchimiste se réjouit de retrouver ce livre, mais il le posa sur une étagère. La nuit étant tombée, il eut envie de sortir. Une étoile brillait davantage que les autres. La terre était si loin d'elle ! Y avait-il une autre vie, ailleurs ?

Soizic. L, mars 2009


L’alchimiste prit en main un livre qu’avait apporté quelqu’un de la caravane…Il l’ouvrit à la dernière page et rechercha des nuances susceptibles de produire un éblouissement, une sorte d’entente avec ce qu’il vivait depuis si longtemps. Mais comprendre, était-ce articuler des temporalités disjointes ? Il ferma les yeux, le livre et questionna l’intérieur replié de lui-même.

Corinne. LL, mars 2009


 



 

mar 15, 2009

Souscription à l'achat d'un recueil collectif

DSCN3065.JPG

Bientôt parution de "Fragments d'écritures en presqu'île guérandaise" élaboré par matière à mots et proposé par le procédé d'une souscription.

Ce recueil est l’aboutissement de moments d’écritures qui se sont déroulés chez des particuliers ou au sein de structures dans le cadre de rencontres proposées et animées par l’association... quelques productions de quelques 40 personnes (Environ 4 fragments de textes par participants), venues écrire 2 heures, une journée…

Quelque chose comme proposer de restituer l’acte d’inter-écriture.

Quelque chose comme affirmer l’intérêt de textes dits "ordinaires".

Quelque chose comme dire qu’il n’y a pas de raison que certains textes profitent des effets esthétiques

de la mise en page et d’autres non.


La souscription, c’est le pré-achat d'un recueil qui vous sera livré en mains propres avec le sourire.

Vous pouvez aussi en offrir pour un anniversaire, un pacs, une séparation, une dent cassée...DSCN3067.JPG

DSCN3068.JPGIl s'agit, pour ceux, intéressés, de remplir et de renvoyer le bulletin de souscription (ci-dessous), accompagné du chèque de souscription, à Matière à mots 18 Rue de Fourbihan à La Turballe avant le... 1er AVRIL (commande imprimeur oblige).


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Bulletin de souscription

Mr, Mme ...

Age...

Ville...

souscrit au pré-achat du recueil - F ragments de propositions et d'écritures en presqu’île guérandaise, de Alma.P à Yvonne. L, d'avril 2008 à avril 2009- format 148 X 210, 40 pages recto-verso (environ), papier 120gr, thermorelié

auprès de l'association matière à mots

ci-joint mon règlement de 12 euros

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oct 31, 2008

(novembre 2008-mars 2009)

textes issus des rdv bimensuels

 

 

Présence en l’absence ; « Traces d’huile dans la maroquinerie »

Ne plus faire de cauchemars, passer enfin des nuits sereines, vivre, vivre mon projet mûri depuis tant d’années, est-ce encore possible ? Depuis cet événement terrible, je ne sais. Mais ce matin, les merveilleux sacs en cuir sont là, si bien présentés sur mon étal de marché, leur présence me rassure. Et me rassure aussi, l’absence de mon voisin. Mon voisin le rôtisseur, dont l’huile crépite et jaillit sur mes cuirs, des traces d’huile dans la maroquinerie : Mon cauchemar ultime.

Brigitte. H, mars 2009

 

Haïkus

 

Monsieur michelin

N’a pas le cerveau d’un fou

Il crée de bons pneus

 

Les traces de mes pneus

Restent comme les vestiges du jour

Dans un cerveau fou

 

Pourquoi cette phrase

Sans folie dans le cerveau

Tu n’y arrives pas

Brigitte. H, mars 2009


Haikus

 

Trace de la vérité

Mémoire interdite

Vérité tronquée

 

Trace de l’humanité

Mots de la cruauté

Discours de despotes

 

Jacotte. V, février 2009

 

La trace indélébile de ton enfance tumultueuse dans ta vie d’adulte, la trace de tes rides sur ton visage radieux, la trace des marques de doigts bien grasses sur les vitres illuminées de soleil, la trace de la monarchie dans la vie politique d’aujourd’hui, la trace des origines dans la viande de porc, la trace de ton couteau suisse dans la poche avant de ton jean serré, la trace de mon incommensurable culpabilité dans l’éducation de mes enfants, la trace des mauvais souvenirs de la chute dans ma démarche déhanchée, la trace du chocolat sur le coin des lèvres de l’enfant étonné.

 

Jacotte. V, février 2009

 

 



Des milliers d’hectares pour des milliards de machines tonitruantes qui labourent le sol. Un paysage pittoresque et immense rayé de part et d’autres par le passage incessant des trains. Un ciel, bleu infini, en voûte, tel une coupole protectrice, rayée, découpée d’un bout d’horizon à l’autre par le balai imperturbable des avions. Une mer calme, mystérieuse, froissée, déchirée par le passage de lourds pétroliers.Et si un ange vient à passer, il s’arrête net, se stoppe, se pétrifie. Il commence par toussoter, puis de cette toux grasse se sèche, elle lui racle la gorge jusqu’à lui brûler le cœur. A force de traces de pneus sur le gibier, de traces de nitrile carbonique ou sulfurique sur les neiges éternelles du Kilimandjaro, de traces d’insecticides dans nos estomacs, de traces de mercure dans nos rivières et notre eau, de plomb dans les ailes de nos anges, tous, toussent, s’arrêtent et se meurent sur les branches nues. Et force est de constater que la présence de ces corps lourds sur le sol en l’absence d’humanité n’empêche en rien la frénésie de nos délires consuméristes.
Samuel. B, février 2009


Haikus


la mère n’est plus

mon regard en trace

une fenêtre sur toi

 

les regrets bleutés

contre ton torse

pleurer la trace

 

la foudre de l’âge

sous les pores de ma peau

la trace de nos enfants

 

ta présence

au creux de mes reins

la vie se trace

 

écrire le temps

ce qu’il reste

tracer une lecture

Corinne. LL, février 2009




la trace indélébile du chewing-gum sur le rebord béton de la fenêtre
la trace de la lanière de cuir dans le désert brulant de tes cuisses
la trace de l'homme dans l'immensité du désert blanc
la trace juste perceptible du pied dans le sable à marée montante
la trace du temps sur mon visage rougi par les larmes

Pascale. L, février 2009



la trace, on la garde, on l’écrit, la dessine, on la regarde, on ne l’oublie pas, on la montre, on en parle, on l’analyse, on l’aime bien, on la prend en photo ou dans ses bras, on la divulgue, on la nettoie, on l’éradique, on la fait disparaître ! On la cache, on la camoufle, on l’accompagne de la trace de nos pas, on lui trace un trait autour, on la délimite, on la protège, on la jette aux oubliettes, on s’assoie dessus, on psychote dessus, on se demande d’où elle vient, on la mange, on la boit, on marche dessus (du pied gauche de préférence)


Samuel, février 2009


Haikus

le rouge de tes lèvres
dans le noir de mon sang
trace le temps de mes larmes

l'abandon du temps
sur le visage rougi
trace les larmes amères

pétales de douceur
vestige du temps
de nos amours passés

 

Pascale. L, février 2009




Des cadavres exquis

 

Dans une mare, à l’heure de midi, un petit garçon tout mignon, se gratte savoureusement et langoureusement entre les deux orteils du pied gauche. Il est dubitatif.

Un jeune homme chauve :

- « Alors c’est quand que tu vas te mettre au régime ?

- Je peux te porter mais tu dois descendre du tapis ! »

 


Sur un bout de papier, alors que ma sœur a débarqué, une vieille femme ridée, se prélasse au soleil en regardant le ciel. Elle est très impressionnée.

La femme aux allures longilignes :

- « Mais quand m’offriras-tu des fleurs ?

- Cela n’est plus possible entre nous »

 


Sur la place Djamelefna, lorsque je buvais le thé, le bigre de bourru de baryton, s’adonne à une activité d’écriture avec un groupe. Il est très fier. Un homme grand au visage sombre :

- « S’il te plait, emmène-moi sur ton dos.

- Mais bien sûr et pourquoi pas noël au balcon ! »

 


Sur un tapis volant, une fois le linge humide pendu au fil, une voisine du fleuriste, mâche un chewing-gum le regard vide. Elle éprouve une douce et sereine béatitude.

La girafe d’Adélaïde :

- « Mais où est donc Or Ni Car ?

- Mais tu m’emmerdes ! »

 


Tout près du portail de chez Isa, aux douze coups de minuit, un éléphant avec la trompe en haut, survole les dunes du Pilat. Il rit aux éclats plié en quatre puis en huit.

Je  m’approche de lui :

- « Mais arrête de frimer !

- Ah ça ne va pas recommencer !!! A chaque fois que je te vois, c’est quand même bizarre, tu dis la même chose !!! Tu radotes ou quoi ? »

 

Corinne. LL, Irène. H, Isa. A, Jacotte. V, Samuel. V, janvier 2009





à la manière de « l’écho du corps » de GHERASIM LUCA


entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues

entre les articulations de tes peurs et le jeu de tes désirs

entre le temps de tes tempes et l'espace de ton esprit

entre la nuit de tes recherches et le jour de tes yeux

entre le bas de tes bras et le haut de tes os

entre le gris de tes cheveux et le noir de tes yeux

entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris

entre les délices de nos nuits et la délicatesse de ton geste

entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu

entre la longueur de tes doigts agiles

entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts

entre les étoiles nous voyageons en extase

entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine

entre le scintillement de tes yeux et l’appui de ton regard

entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur

entre la générosité de ton âme et la vivacité de ton esprit

entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses

entre la longueur de ton buste et les chevilles de tes mains

entre l'eau de ta peau et le seau de tes os

entre les notes de musique de ta joue et les portées de tes veines

entre le seing de tes seins et les seins de tes mains

entre le song de ta poupée et ma poupée de son

entre la source de tes sourcils et le but de ton buste

entre les courbes de tes hanches et la chute de tes reins

entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius

entre les parties nonchalantes et retombantes de tes tempes

entre le tain de ton talon et le ton de ton menton

entre les nervures de tes rides et l’éphéméride de tes nerfs

Corinne. LL, Irène. H ,Isa. A, Jacotte.V, Samuel. V, janvier 2009



 

Un staflizu ou l’invention d’un mot et de sa définition

Manimu (manimy) : nom peu commun, f. ou m. au gré des dictionnaires, mot très peu usité dans aucune langue et sous aucun prétexte. Il sert le plus souvent à ne rien dire et exprime ainsi le désarroi de son usager, le non-sens d’un vide lacunaire qui n’existe pas. Autrement dit ce terme explique clairement qu’il est impossible de prouver la non-existence d’un fait, d’une idée ou d’une chose et si on y arrive alors on a prouvé que cette chose existe bel et bien. Finalement on a toujours pas prouvé sa non-existence mais ce penseur vient de faire usage du manimu, c’est à dire qu’il a prouvé qu’une chose existe en recherchant une explication quant à son existence. Car en fin de compte pour ne pas exister, il faut avoir existé. Nous pourrons  ainsi trouver l’usage fréquent du manimu chez nombre de nos politiciens, stars médiatiques, qui pratiquent ostensiblement l’art du manimu avec brio. Est manimu, le leurre qui subsiste même quand on sait que l’objet supposé n’existe pas. Kant.  CONTR. : logique. SYN.: illusion.

Samuel. B, janvier 2009

 

Pagyrum : Nom masculin latin. La modalité permettant de s’éloigner de ses proches. Issu de la contraction de pag et yrum. Pag comme diminutif de pagaie. Yrum vient de l’ancien perse probablement en lien avec l’idée de famille.

Corinne. LL, janvier 2009

 

Riprêter : verbe du 1er groupe. Action de donner à manger à une personne sous alimentée dans l’espoir que cette action soit rémunérée ultérieurement. Exemple : "j’ai riprêté 300000 tonnes de lait en poudre aux enfants du Sahel en 2008" dixit le président de Nestlé.

Jacotte. V, janvier 2009




Les bonnes résolutions (pour 2009)…


celles d’une vache
En 2009, la vache troque ses tâches noires contre des roses. Fini, les temps lâches qui fâchent, sortons la hache de guerre. La vache se fâche d’avoir gâché tant de temps cachée sous cette bâche. En 2009, la vache ne mâche plus ses mots.

Samuel. V, janvier 2009


celles d’un hamac

Surtout ne pas s’énerver

Quand le vent forcit

Rester calme,

Prêt à accueillir l’hôte de passage

Ou la maîtresse de maison

Et puis, surtout ne pas craquer

Même si la fatigue me guette

Et démange mon squelette

En toute situation

Se maîtriser totalement

Et entretenir de bonnes relations

Avec ses compagnons

Irène. H,, janvier 2009

 

celles d’un verre

Décider des contenus acceptables

Arrêtez  de se prendre la tête sur la question du moitié vide et du moitié plein

Dire non aux énergumènes irrespectueux

Réaffirmer mon désir de vins

Refuser systématiquement le procédé du cul sec

Retrouvez le plaisir de l’attouchement des lèvres

Corinne. LL, janvier 2009


celles d’un éléphant

Je commencerai un élevage de souris

Je me mettrai au régime

Je garderai toujours la trompe haute

Je ne crotterai pas inopinément des tonnes de crottes

J’arrêterai de barrir et de hurler plus fort que les autres

Je serai plus méticuleux quand j'entrerai dans un magasin de porcelaine

Je m'appliquerai plusieurs heures sur ma console DS pour développer ma mémoire

J’arrêterai d'utiliser le shampoing à la boue

je ne m'assoirai plus sur le capot des voitures de touristes suréquipées en matériel photographique

je ne prendrai plus la mouche pour foncer sans réfléchir

Jacotte. V, janvier 2009

 




à la manière de Pierre Albert Birot

"Poème d’admiration"

 

J’ai été devant les vagues verticales

Et j’ai dit c’est admirable

 

J’ai été devant quelques enfants

Et j’ai dit c’est admirable

 

J’ai été devant la baie

Et j’ai dit c’est admirable

 

J’ai été devant l’éléphant

Et j’ai dit c’est admirable

 

J’ai été devant au loin derrière le monde

Et j’ai dit c’est admirable

 

J’ai été devant loin devant dans l’imaginaire

Et j’ai dit c’est admirable

 

J’ai été devant le sage

Et j’ai dit c’est admirable

 

J’ai été devant les portes du paradis

Et j’ai dit c’est admirable

 

Parce que j’ai regardé

 

Irène. H, Jacquotte.V, Pascale. L, Corinne. LL, Samuel. B, novembre 2008

 


 

Pendant que nous écrivions…

aucun sextant n'a servi à aucun voyageur maritime, un million de parapluies se sont ouverts en région bretonne, 10000 rochers ont déboulés, un milliard 493 millions 241 milles 793 cacahuètes ont été broyées par des molaires et ingérées précipitamment, 2 millions d'oranges ont traversées l'océan atlantique, 10 mille milliards de feuilles rougies de vieux et nobles chênes ont quitté respectivement leurs arbre natal pour reposer au sol de l'hémisphère nord, la rosée disséminée sur 99000 toiles d'araignées a réfléchi la lumière du soleil levant deux ou trois fuseaux horaires en arrière au notre, 10800 trous ont été creusés, les montagnes ont progressé de deux centimètres, un tas de sable a servi à reboucher trois trous béants, 3 géologues se sont égarés dans le dédale des tunnels souterrains et ont débouché sur les dits trois trous pour respirer à l'air libre, aucune pépite d'or n'a été trouvée, un seule personne s'en soucie, 7 milliards de dollars se sont envolés dans la cyber-nature, les trois trous ne sont pas encore rebouchés, un accord de paix est en cours de négociation, 9 déclarations de guerre ont été signées et décidées bilatéralement, 4 sdf retrouvés morts, les trois trous sont rebouchés, il faut en creuser un autre, 4 millions de kilowatt dépensés par des téléviseurs en veille, une bonne et une mauvaise nouvelle, 3 milliards de sourires pour toi mon seul et unique amour, 99000 litres de larmes, une pincée de sel et 2 tonnes de lipides, 2 milliards de promesses, aucune qui ne tienne la route, toujours trop d'esclaves, pas un geste, une esquisse, un seul paradis, 9 millions de sacs plastique qui volent au vent, 99 millions de spots publicitaires, un idéal, 99 milles coups de klaxons intempestifs, un froid corrosif...et un point final.

Samuel. B, novembre 2008





Pendant que nous écrivions…

un chasseur a tiré sur deux sangliers, une abeille a fabriqué 500 grammes de miel et 300 autres sont mortes à cause des pesticides, un vol de 1000 oiseaux migrateurs est passé au dessus du lac et le marécage recule peu à peu, les usines ont rejetées 40 000 t onnes de résidus polluants et les champs ont diminué de moitié autour du village, 3 baleines sont mortes sous les coups de harpons et 10 000 poissons ont été intoxiqués.

Irène. H, novembre 2008



terre1.jpg

à partir du "quadriptyque" de photos

 

Terre qui roule. Tout petit déjà, l'homme s'approprie la terre, non pas cette bonne vieille terre mais sa représentation : le ballon, objet magique, que l'on peut serrer contre soi, qui rassure, mais qui s'échappe, roule, boule, n'appartient qu'à celui qui le rattrape. Plus futées les fillettes le domptent avec un bâton, le dirigent, le ralentissent, mais le cerceau refuse d'abdiquer et prend son envol, roule boule et fait de la résistance. Alors l'homme réfléchit, murit, tel hercule, le porte sur son épaule croyant

apprivoiser ce symbole de la vie, mais aussi tôt fait la sphère, roule, boule et ne se laisse pas faire ! La vieillesse, âge de raison, s'il en faut, limite de l'âge plutôt, repousse la boule, roule ! boule ! Témoin de notre éphémérité.

Pascale. L, novembre 2008

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Elle tourne, elle est ronde, elle tourne épousant les contours du corps

C’est une danse, un duo, l’homme, l’enfant, jouent avec elle

L’un s’appuie sur l’autre, se confondent, ne font plus qu’un

Ils se tiennent, ne peuvent plus se lâcher pris dans cette unité

Cette sorte de fusion

Puis, le détachement vient briser cette illusion

Ils se séparent l

La terre s’éloigne

La balle repart

S’est appuyée sur l’homme

Pour prendre un nouvel élan

Un autre départ

Pour une nouvelle rencontre.

Irène. H, novembre 2008

 

Scan10012.JPG

Porter le monde de notre ceinture noire et large, en supporter la totalité dans l’envergure de nos bras déployés quand les autres hommes regardent et que notre tête se penche tout contre lui.

Hier avoir montré ses dents de lait devant le platane et avoir souri parce que l’on portait dans la paume de ses mains cette masse de terre à pois blanc.

Un jour un grand coup de pied dans la boule, petite, faite de fer et continuer à trimbaler son sac, l’amener un peu plus loin là où l’on n’ira pas.

Si la boule est vide et creuse tel un cerceau, il y aura la préoccupation de la faire tourner avant que de disparaître avec elle.

Corinne. LL, novembre 2008

 


TERRE4.jpg

L’homme a le dos rond, il porte et supporte une boule, un boulet

Il attend qu’on l’acclame pour cet effort surhumain

Il sait bien lui comment c’est dur de ne pas la faire tomber.

Il y met tout son cœur et il attend, rien !!!

Et, il se rappelle que déjà tout petit,

L’enfant au sourire enjôleur tient sa boule près de lui.

Elle est grande tellement grande pour ses petits bras,

Et il est fier de se sentir si fort ;

Le regard des autres le réconforte, il a réussi.

Mamie est bien seule aujourd’hui,

Elle y va d’un bon pas, tiens un petit ballon là tout près,

Si près de son pied qu’elle se décide.

Elle shoote dedans, la boule roule, roule.

Roule le ballon qui redonne du baume au cœur.

Le cerceau rond,  roule guidé à la baguette par l’enfant aux pieds nus.

Roule, roule au loin, si loin que l’on oubli la faim.

Jacquotte. V, novembre 2008





L'usage des textes est soumis au code de la propriété intellectuelle.





 

 


 

oct 17, 2008

(avril-octobre 2008)

textes issus des rdv bimensuels

 

 

version 1 les cieux ont honte de nous 70x105.jpg

Le premier jour, j’étais humide dans l’ombre, un jour de pluie.

Le 2 ième jour, j’étais éventé et neuf, un jour de printemps

Le 3 ième jour, j’étais boutonneux et bête, un jour d’adolescence

Le 4 ième jour, j’étais entreprenant et sûr, un jour d’adulte

Le 5 ième jour, j’étais sec et nu, un jour de soleil

Le 6 ième jour, j’étais maussade et vermoulu, un jour de toussaint

Le 7 ième jour, j’étais érodé et pensif, un jour de sagesse

 

version 2, « Espoir »

Si petit

Si vain

Si fragile

Si éphémère

Si beau

Un espoir, un

L’homme !

Ah ! Ah ! It’s a joke ! (je plaisante)

Philippe. C, juin 2008






JAP07.jpg« Grain de caillou »

 

Petit grain tracé, formé, léger

Ponctualité des ondes !

Voyageur émerveillé

Simplicité, difficulté, maîtrise du geste

Grain de caillou ou

Grain de sable

L’eau coule

Mais ne caresse pas

J’entends sa source vive

Loin du rocher perdu, elle est là

Dureté, telle présence du caillou

L’île solitaire dans l’immensité de ce jardin de sable

La spirale de nos vies

Une éphémère beauté !

Isa. A, juin 2008




Un masque orange derrière un masque jaune.BM1.jpg

Les êtres se regardent. Les trous figent le regard.

L’aiguille transperce ses joues.

Et la femme sans cou attend la manière d’être là.

Cette autre qui se forme proche de la conscience

Se continue dedans.

Corinne L.L, juin 2008





Et je dis non...

A l’habitude étudiée et à l’étude habituelle, la nouvelle, la rituelle, la balancelle, le missel et l’effet de serre. Et je dis non au temps qui passe et au passe temps qui l’emporte, tour de passe-passe, espaces à cache-cache, au chagrin et à la saint Glin- glin. Et je dis non aux préjugés, aux jugements, aux juges et aux avocats, au tribunal, flagrant délire, folie douce et délirium, asile et camisole. Et je dis non aux questions répétées, aux pétitions sans réponse, aux listes de dénonciations, à l’annonciation et aux petites annonces, aux peines prononcées contre, à la contrebande et aux bandes annonces. Et je dis non à la télévision, vision hétéroclite et imposée, à la redevance et aux impôts, au pot de terre et au pot de fer, à la ferme-la et tais-toi, sois belle pour quoi pas.

Anna. L, septembre 2008




Inconférence

Je dis non au massacre d’animaux, je dis non aux acariens, je dis non au réchauffement de la planète, je dis non aux Minis jaunes, je dis non aux ongles sales, je dis non à la paresse, à la graisse, je dis non aux supérieurs, je dis non aux peurs, je dis non à la fin, je dis non aux lèvres gercées, je dis non à la pluie, à la théorie, je dis non aux gens qui nous font toucher leurs boutons de moustique, je dis non au SIDA, aux parkas, je dis non aux angines blanches, je dis non au travail, aux insectes et aux sectes, je dis non aux paroles en l’air, à l’hiver et au vert, je dis non à BZH, je dis non aux taches. Je ne suis pas d’accord avec la prudence et je dis non à la transs. J’interdis ceux qui font du bruit quand ils mangent, et toutes celles qui portent la frange. Je n’aime pas savoir ce qu’il y a dans le tabac. Je ne suis pas d’accord avec celles qui sont trop prudentes. J’extermine mon nez et tout ce qui est trop froid pour mes dents. Je dis non aux secrets qui font mal, à l’attente trop longue des nouveaux épisodes de Skins. Je ne suis pas d’accord avec ce qui sent mauvais, à ce que ce sera sans Luna. Je ne suis pas d’accord avec ça, avec toi, non vraiment je ne suis pas d’accord.

Juliette. septembre 2009




 

 

à partir d'une illustration

Le marché codé

D'où qu’on prenne les choses, carottes, radis, choux, artichaut, navets, pommes de terre s’annonceraient devant moi tels que je vous les décris. Des signaux ? Des codes ? Je ne savais que faire. La solution devait être bonne. Je décortiquai alors l’artichaut ; son cœur était la neuvième porte. Mais qu’est-ce que je raconte donc ? Les pommes me fixaient de leurrs pépins , noirs, luisants, imposants, presque charismatiques. Ce qui comptait, c'était de manger et non de trouver la neuvième porte. L'assiette aux motifs divers me fascinait aussi ; Eux étaient les signaux, je le savais déjà.

Marion C, avril 2008

 

 

 

 

Il y a-t-il du bruit dans l'espace ?

L’espace. Spasme. Le bruit qui court. Qui me traverse le corps. Ta respiration. Le vent dehors qui court lui aussi. J’entends les étoiles qui bougent elles aussi. Chut ! Ecoute ! Elles respirent. Le soleil s’est endormi. Il ronfle. J’écoute l’espace. Spasme. Ta respiration. La mienne. Entends-tu le vent qui souffle ? Il court ! J’entends les étoiles respirer. Chut ! Ecoute ! Elles parlent. J’écoute l’espace. Le spasme. Ta respiration. La mienne. Entends-tu le vent qui souffle dehors ? C’est toi. C’est moi. Tu entends ? Il court ! Chut ! Ecoute ! J’entends les étoiles. Elles parlent entre elles ! Mais qu’est-ce quelles disent ? Elles m’appellent !!! Attendez-moi ! Je suis prête cette fois ! Mon sac est prêt ! Je n’ai rien oublié ! Attendez-moi ! Je veux faire le tour du monde avec vous !

Morgane C, janvier 2007





Paris-VeniseBaud_01.jpg

D’une épitaphe touchante, des souvenirs en post-scriptum suranné pleurent dans mes pensées. Sur le marbre ensoleillé d’un « Paris-Venise » en première, le déballage intime d’un chantier d’enfance, comme une trace pour se faire mal. Bordé de fleurs que tu n’aimais pas, Emilia à mon bras, on était beaux…Place St Pierre.

Philippe C, juin 2008






Une inconférence

Je ne suis pas d'accord qu'on puisse préférer Windows à Mac, je dis non à mon

chaton qui me dit non à son tour et continue ses bêtises. Et moi je poursuis en

disant non au Smarties, non aux inégalités dans ce monde en passant du mariage

raté de Barosso et Pilaf jusqu'au manque d'eaux en Afrique. Je dis non aux

piqûres de moustique, je dis non à ceux qui polluent la planète et ne font pas la

fête. Non je ne suis pas d'accord....

Antoine, septembre 2008




Les quais de Seine, les livres, les bouquinistes, les pigeons, les tabourets des bouquinistes, la cigarette des bouquinistes, les pavés de l’Ile St Louis, les présentoirs des livres, les cartes postales, le chien allongé près du bouquiniste, immobilité du bouquiniste, les gens qui passent, ceux qui s’arrêtent, on reconnait un homme illustre qui marche, un garçon de droite à gauche, des mots français allemands anglais, et puis d’autres, des bateaux mouches, le « Dingdi » des pompiers, le soir le capot noir qui ferme les présentoirs.

Geneviève. P, septembre 2008




En l'écriture

Une infinité de noyaux de mots,

Et tout ce qui vient, va, passe, croasse, agace, trépasse, repasse,

Des heuristiques en peaux,

Les pointes de seins des expressions,

La question des langues des en dedans et des en dehors de nous,

Les pourtours des autres manières de dire,

Tous ces petits boutons d’angines de mots,

Quelques attaches aux jambes du temps,

Quelques épingles aux bras des instants

Trop de baies vitrées devant les paroles en jardin

Une poignée de petits trous bleus du regard,

Une mère accrochée aux phrases sans bords,

Mille brisures de pars cours !

Mille et un couloirs de vouloirs,

Pas assez de tapis de mousses de mots

Une seule infinité,

Et tout ce qui vient, vit, prie, nie, finit, revit.

Corinne LL, octobre 2008




 

Je ne suis pas une plume fatiguée

Je ne suis pas un grand rocher

Je ne suis pas un grain étroit

Je ne suis pas une couleur tendue

Je ne suis pas un vent fluide

Je ne suis pas ne lumière enivrée

Je ne suis pas un sein gentil

Je ne suis pas une rencontre malicieuse

Je ne suis pas un désir drôle

Je ne suis pas un souvenir suspendu

Je suis une femme qui décroche

Morgane. C, février 2008






EH_05-2.jpgLe premier jour, les lampadaires étaient éteints ; je me demandais pourquoi de chaque côté de la rue, les maisons et les immeubles semblaient si vivants avec leurs fenêtres éclairées.

Le deuxième jour les lampadaires étaient encore éteints ; la façade de l’immeuble 24 bis avait de grands trous noirs. Sans aucun doute, les employés avaient terminé plus tôt et les bureaux étaient fermés.

Le troisième jour, je ne m’occupais plus des lampadaires ; je commençais à m’habituer à déambuler dans cette rue baignée d’ombres.

Le quatrième jour, au 2ème étage de l’immeuble 24 bis, des silhouettes s’agitaient devant les fenêtres d’un salon.

Le cinquième jour, le 3ème étage de l’immeuble 24 bis était plongé dans le noir. Les silhouettes d’hier avaient disparu.

Le sixième jour, je les guettais toujours du trottoir d’en face ; il pleuvait sur le linge oublié au bord du balcon.

Le septième jour, « Que la lumière soit ! » et la lumière fut. Les ampoules des lampadaires hésitèrent, clignotèrent et enfin une grande clarté découvrit la façade entière de l’immeuble déserté et noir.

Anna L, juin 2008

 




« Près du puits »

Ce jour là, à quatre heures près du puits il s’installa.

Ce jour là, il mit ses deux gros souliers dans l’eau croupie.

Ce jour là, près du puits il attendit.

Ce jour là, comme depuis tant de jours, il attendit.

Ce jour là, il ne vit pas les fleurs sauvages et l’herbe tendre.

Ce jour là, il ne sentit pas l’air frais sur ses joues.

Ce jour là, il ne regarda pas les insectes au fond du seau, ni sa montre ni ses pieds.

Ce jour là, il se mit à pleurer.

Ce jour là, il crut qu’il avait compris.

Ce jour là, il se promit de ne plus y penser.

Ce jour là, il doutait tant encore de lui.

Ce jour là, il se pencha au dessus de l’eau.

Ce jour là, il vit son image qui se reflétait sur l’eau.

Ce jour là, il se sentit attiré, aspiré.

Ce jour là, il lutta contre les mauvaises pensées.

Ce jour là, il lutta contre les mauvaises pensées.

Ce jour là, il se promit d’être heureux, au moins d’y croire.

Ce jour là, il échafauda des tonnes d’histoires.

Ce jour là, dans sa torpeur il entendit un bruit.

Tacotte. V, août 2008



 


AD_05.jpg "Espèce d’espoir en perte d’espace »

Voilà, tout est reparti, le mouvement perpétuel d’avant en arrière, d’hier et de demain. Les livres glissent à la surface des uns et des autres rejoignant inexorablement le bord de la table pour finir au sol et continuer leurs lentes avancées. Le plus étrange dans  cette histoire, c’est cette pomme. Elle semble fixée à cette table et ne bouge pas. Elle ne pourrit pas. Elle a toujours cette couleur chaude et attrayante. Au choix, pour assouvir ma faim je mâche le bord des mes livres et me repaît des heures de lecture qui s’y cachent. Je crois que je vais prendre une photo, chaque jour, afin de voir si des détails changent, si la pomme murit…Je suis bien dans cette cabine la lumière du hublot, la vue de la mer bleue infinie. Le rouge et le jaune de cette pomme, la tranquillité, le calme, les heures de lecture. Je prends des notes pour ne pas oublier le temps qui passe. Autour de moi, rien ne change, la mer, le ciel, cette cabine et pourtant tout cet espace cache un milliard et un million de pensées qui viennent s’échouer sur cette page. Il fait chaud, je crois que je vais aller me baigner.

Samuel B, juin 2008




 

 

Trace...

Agirais-je de la même façon si ce qui s'est passé ne s'était pas passé? Le mot Histoire est sur toutes les lèvres.

Cette fragrance volubile et sans fin se fraye un chemin à travers nos vies, nos actes, nos paroles et nos joies. Nous faisons tous l'Histoire, et elle laisse en nous une trace indélébile à travers ce dont elle est faite. Son empreinte est si particulière qu'elle est propre à chacun. L'Histoire est ces rumeurs, ces éclats, ces attentats qui nous font parvenir à notre état ou trépas actuel. Cette présence en l'absence de matière laisse en nous une trace qu'aucune chose ne pourrait effacer ou balayer.

Alma P, août 2008





Le premier jour, il choisit l’endroit.

Le 2 ième jour, il s’assit à cet endroit.

Le 3 ième jour, il écouta la musique à cet endroit.

Le 4 ième jour, il huma, respira les odeurs de cet endroit.

Le 5 ième jour, il plaça le tronc d’arbre et y déposa l’eau sacrée en son centre.

Le 6 ième jour, il posa solennellement  ses instruments de musique au -dessus de l’eau.

Le 7 ième jour, il les reprit et se mit à jouer.

Anne-Marie G, mai 2008

 


 


Un cadavre exquis

Qu’est-ce que ne rien faire ?

C’est une question de vie que je te pose.

Qu’est-ce qui fait que personne ne soit égal ?

C’est la forme la plus horrible de l’être humain.

Qu’est-ce que le jour dans le soleil ?

C’est un vieil africain qui m’a dit un jour: « Qu’est-ce qu’il m’a dit déjà ? »

Qu’est-ce que tes questions ?

C’est vraiment incroyable, je suis tout à fait d’accord avec toi.

Qu’est-ce que l’idée d’un homme ?

C’est pas grave tant que personne ne paie.

Qu’est-ce que le blanc dans tes yeux ?

C’est toi la trésorière.

Qu’est-ce que la guerre ?

C’est la larme aiguisée de la peur.

Qu’est-ce que je mange ce soir ?

C’est un ciel sans carrés.

Qu’est-ce que l’anthropologie ?

C’est en prenant son temps et en observant que l’on fait changer les choses.

Qu’est-ce que la réponse que tu formulerais ?

Je pense que c’est demain, pas toi !

Qu’est-ce que la vie ?

C’est la roue qui vient de crever.

Gaël, Lolo, Fifi, Toto, Corinne, juin 2008




 

 



naissance 30x45.jpgOxydation d’un tableau surréaliste

 

Une micro-caméra plonge dans les ganglions de l’année 1953.

Un ovocyte s’est échappé d’une cellule folliculaire mûre dans laquelle il était retenu prisonnier.

Transformation inéluctable en corps jaune-orangé.

Fuite de bleu indigo.

Un trou noir immobilise les globules blancs et les détruit par agglutination.

L’organisme déploie ses dernières armes.

Il opère à une aération mythique.

Echec.

Equilibre rompu à l’avantage du parasite protéique.

Invasion bactériologique.

Prolifération de champignons microscopiques.

1953, organisme malade.

Antony B, juin 2008




Voyage sans nuage

Un jour tu étais un petit garçon, tu débarquais à Koh Chang

Un jour tu t’installas sur mes genoux pour voir plus loin

Un jour ton regard interrogateur s’est posé sur moi, près du petit mur

Un jour tu as su que tu allais être le plus grand

Un jour tu as appris que tu allais être frère

Un jour tu sautais dans l’eau tiède

Un jour tu te balançais contre moi sur l’immense balançoire

Un jour tu as joué avec ce petit singe prisonnier

Un jour tu as dû la quitter

Un jour pour se retrouver ailleurs en voyage sans nuage

Isa, août 2008





à la Bastille... un feu de bois , le pont , une façade écornée , une carcasse , le cris , des drapeaux noircis , une échelle de fortune menant nulle part, un donjon , la pierre , un carré de pelouse, un livre ouvert, une flute criante , la joie , la foule , la pluie, une crotte de cheval , la pénombre, les écuries, un stand, une balle , une conserve, un cana, une vallée, une valise remplie de bourses. Dominique L, septembre 2008




Je dis non

aux pressions qu’on endure, attention !

Je dis non aux chaussettes sales qui trainent sous la couette.

Je dis non au train-train quotidien du matin.

Je dis non aux pesticides du voisin. Quel acide !

Je dis non aux toiles d’araignée sous les voiles.

Je dis non aux bols de chocolat qui trainent. Ras le bol !

Je dis aux enfants qui ont faim.

Je dis non à la pollution. Drôle de solution !

Je dis non à la pluie quand elle dure.

Et je dis non à ceux qui disent non à la vie.

Lydia L, septembre 2008






Je suis hors de moi

A 300 kilomètres à l’heure, le visage tourné vers la fenêtre, assis et engoncé dans un fauteuil de deuxième classe, dans un champs puis dans un autre puis dans un autre, je suis à Paris dans moins de 30 minutes, en tricycle, en roller, en vtt, en cyclomoteur, en scooter, en moto, en voiture, en formule 1, en fusée, sur une planète, sur une comète, loin de chez moi, au cinéma en 1954 dans le château de Citizen Kane, avec mon amour et mes amis, l’oreille collée à l’écouteur, au Bengladesh, à 20h00 devant mon plateau repas, à surfer sur internet, hésitant entre haut et bas, gauche ou droite, avance rapide ou bien retour rapide, avec un journaliste sur France Info, avec mon baladeur dans la rue en présence de mes artistes et interprètes préférés, devant mon écran de portable sur le transatlantique, entre Saint Nazaire et New York, sur les vagues accoudé à la rampe d’un escalator qui monte, je suis bien dans ma peau, je suis hors de moi.

Samuel B, septembre 2008




Aujourd’hui, c’est le premier jour du printemps, les premières fleurs apparaissent. Le ciel est magnifique. C’est une belle journée pour un anniversaire. Les ballons sont gonflés, les gâteaux sont préparés, il ne manque plus que les enfants pour souffler les bougies.

Laurence R, mai 2008




Dans...

Dans la nature, dans les champs verts pomme, dans l’herbe folle et tendre, dans les bois qui sentent la pourriture et les champignons, dans les sous-bois ensoleillés, sur la mousse qui s’invite sur les troncs d’arbres et entre les racines, dans les chemins, dans le sillon des pas, dans les clairières, dans l’allée qui ne se termine jamais, au bord de la prairie, dans la haie touffue qui accueille les oiseaux dans la terre qui respire et transpire, dans le jardin près de la maison rassurant et nourrissant, dans les travées qui quadrillent et délimitent, dans le verger qui sent bon et donne envie d’aller voir, de goûter, de manger, de se remplir de sucre et de pectine et qui nous empêchera d’avoir le cancer, sous les arbres à l’ombre à midi avec un petit air frais, près du puits source de vie. Jacotte V, août 2008




 

Je ne suis pas d'accord

Je ne suis pas d’accord avec Enthalpie la pie et Coquecigrue la grue, qu’elles s’éclatent en plein vol sur le sol, la panse bourrée d’Ebola Cola. Ca leur apprendra à étaler leurs noms aussi imprononçables que le cri d’un dahu afghan. Anesthésie ou euthanasie, c’est leur choix. Mais c’est bien connu, les piafs flottent dans l’éther, et si on l’enlève, ils tombent par terre. Bien sûr, il faudra nettoyer tout ça, parce que je dis non aux gens qui laissent traîner leurs ordures dans la nature, ça vaut aussi pour leurs mots. Ah le rêve ! Ne plus entendre le bruit désagréable de la coquecigrue, roulement désagréable des tambours de Tokyo qui résonnent jusqu’à en donner la migraine, dès le matin au saut du lit. Et la nuit, pouvoir enfin apercevoir les étoiles qui nous sont dérobées par Enthalpie la voleuse, qui se complaît dans son bain de pollumière. Non, je ne suis pas d’accord !

Guillaume L, 18 juillet 2008





L’Herbe source de vie

rain1.jpg

Le vert éclatant de la nature nous submerge. Un tapis se présente et donne envie de s’étendre au soleil à l’air libre, hors de tout contact, une invitation à la joie les yeux fermés, à la recherche d’un gazouillis d’oiseau, loin des contraintes des embouteillages. Le décor est brassé par un rêveur. Des vaches merveilleuses dans leur énormité placide broutent ou ruminent déjà, en attendant l‘heure de la traite généreuse et du réconfort d’un abreuvoir désiré. Quel humaniste a pris cette photo qu’on pourrait trouver si banale dans son uniformité mais qui nous restitue cette herbe grasse, la valeur dune terre riche et humide, gavée de soleil, la terre nourricière. L’auteur l’a-t-il voulu comme une recherche de vérité, un indice de ce que fut la vie de nos ancêtres, leur recherche perpétuelle.

Yvonne F, juin 2008




Brouillard

Peine et papier froissé

L’espèce d’espace délicat

L’ombre de ta jambe libre

Un ciel indescriptible caché arraché

Chevauché ton parfum délicat

Cheveux noirs intemporels

Peine noire

Soleil

Isa A, janvier 2008



Mirage bleu

BPILAST.jpgCet endroit, il l’avait découvert un jour de cafard, un  de ces jours où le bleu indigo de sa mer lui manquait. Depuis, il a installé son carton, sa couverture, donne sur une ouverture, grillagée certes, mais lumineuse, qui domine les rails. Et, dans le brouillard du matin, le bleu des wagons lui rappelle celui de l’océan, la silhouette des immeubles dans le lointain devient celle de la pagode de son village. Il ferme les yeux et parvient à entendre le chant des femmes autour du puits, les cris des enfants accueillant leur père eu retour de la pêche. Puis…il les rouvre ; se dirige vers sa couverture, la plie sous son bras et va s’installer pour mendier dans le hall de la gare.

Anne-Marie G, juin 2008





Carpe Diem

Matin. Aube nouvelle. 5H et 5 mn

Il pleut sur le bitume, le lampadaire mouille sa lumière.

Le réveil enrhumé crache sur mes derniers rêves

Son répertoire d’ordres et de conseils.

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Ante méridien. Vendredi 13. 10H et 16 min

La clé du quotidien grince dans les rouages

Mal huilés des habitudes.

L’expresso insipide, la cigarette interdite.

-

Le temps du milieu. L’espace de midi

Quelques nourritures avalées in extrémis

Comblent une infime partie de mes faims.

-

Heure du gouter, heure des enfants. 17H38mn

Dehors, la rue brille encore sous les flaques laissées

Par l’incessante nuée venue de l’ouest.

L’anticyclone des Açores a du retard.

-

« Bonne soirée » le voisin ne dit pas la vérité. Il est 20 Heures.

Une voix rauque ronchonne au journal du soir.

Où es-tu mon amour ?

Le chat dort déjà dans notre douillet refuge.

Encore un peu de temps, ma douce.

-

Fin de soirée. Vagabonde ma douleur. 23Heures, 7mn et 17sec

Demain est un autre jour.

Nous partirons à l’aube, ma douce,

A l’heure où la nuit laisse place à la lumière.

Nous partirons vivre notre utopie dans le monde des vivants.

Anna L, avril 2008


 


Sans nom

Traverser,

Embrasser le lointain,

Tendrement caché,

Ailleurs,

Détourner les chemins,

Cogné, relevé

Aïe

L’âme en main

Le bonheur

AH !!

Philippe C, avril 2008




Il y a …

Il y a des parfums de Brière

Il y a des espaces court métrage sentant la pellicule

Il y a des nuits humides et solitaires

Il y a des mondes de papier émergeant d’une photocopieuse

Il y a des personnes qui écrivent de la poésie

Il y a des enfants qui crient dans la nuit

Il y a des buralistes qui vendent du shit

Il y a des corps en parallèle qui s’enjambent

Il y a des jours et des nuits sans fin jusqu’au lendemain

Il y a des hebdomadaires en papier jaune de chine

Il y a des mots qui ne s’écrivent pas vite

Il ya des phrases qui restent coincées dans le stylo

Il y a des choses qu’on ne peut dire mais qu’on écrit

Il y a des bandes dessinées réservées à une clientèle spéciale

Il y a des pluies torrentielles sur une mer déchainée

Il y a des amours aveugles et surtout aveuglant

Il y a des mots qu’on ne devrait pas mettre sur une feuille

Il y a des, il y a des pannes de stylo

Willy D, avril 2008



J’ai le souvenir d’un jardin fleuri où les roses embaumaint ; les couleurs de toutes ces fleurs formaient un parterre de mille teintes les plus subtiles et enchantaient les personnes présentes. Le chat dormait d’un œil, sensible à la chaleur du soleil mais guettant le passage d’un papillon. Jacqueline G, août 2008




Exaltation
Mystérieuse nature
Cette grande famille
Construire une belle cabane
grimper en haut des arbres
secrètement perdu au creux des forêts
goûter à l'ivresse de la vitesse
à bicyclette, en patin ou sur une balançoire
la tête en arrière, en avant... sur les épaules
Le regard balayant le sol, suivant le trajet d'une fourmi...
au fond d'un bocal empli de feuilles humides
Je suis mon héros, je suis mon imagination
Je marche, cours, je vole, je rugis
Des caramels au fond des poches
Le jour, la nuit proche
Il est déjà tard
Quelques chaudes blessures
Le sommeil
Maison

Samuel B, octobre 2008





Un jour je lui ai plu.

Un jour on a marché.

Sur les marches on est allé.

Là on a regardé rien que des livres.

Un jour bras dessus bras dessous.

On s’est arrêté, on a feuilleté « noir et blanc » le magazine.

Un jour j’ai dit « Salut Monsieur le bouquiniste ».

« Bien le bonjour » m’a-t-il répondu.

Un jour c’est lui qui a parlé.

« Ca coute combien le Picasso ? »

« Oh la la non trop cher pour moi »

Un jour on a quitté les quais.

Vers l’Île St Louis on est allé.

Au 29 Quai d’Anjou où j’habitais.

Un jour il est monté.

La Seine coulait devant la fenêtre.

Un jour il est redescendu.

Et on est reparti sur les quais fouiner chez les bouquinistes.

Un jour le fleuve a inondé les quais.

On n’a pas pu marcher bras dessus bras dessous

Un jour la grande porte de Notre Dame était ouverte.

On est rentré tout remué.

Les grandes orgues résonnaient.

« Drelin-Drelin » nous le sacristain.

« Asseyez-vous et priez »

Geneviève. P, septembre 2008






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